Les actifs risqués ont reculé au cours des dernières semaines, alors que la probabilité d'un scénario catastrophe a augmenté.
Nous avons souligné à plusieurs reprises que l'un des principaux risques pour 2024 est l'instabilité géopolitique qui alimente les prix du pétrole et, par extension, les attentes en matière d'inflation et de taux, en particulier aux États-Unis. Dans ce scénario, malgré leur volonté de baisser les taux, les banques centrales seraient acculées par de nouvelles pressions sur les prix et n'auraient d'autre choix que de lutter à tout prix contre l'inflation, ce qui exposerait l'économie mondiale à un risque de récession grave. La probabilité accrue de ce scénario a entraîné une baisse de 5 à 6 % des actions américaines depuis le début du mois, les taux en USD ayant remonté de 30 à 40 points de base, selon la maturité. Les actions européennes ont surperformé, principalement grâce aux bonnes performances du Royaume-Uni, sur lequel nous sommes devenus positifs récemment. Dans le même temps, les petites capitalisations ont sous-performé tant en Europe qu'aux États-Unis en raison de leur sensibilité aux taux. Les actifs de couvertures contre l'inflation, telles que les matières premières, ont surperformé, alors que les actions et les obligations ont baissé.
Nous pensons que les tensions géopolitiques ont atteint leur paroxysme, du moins à court terme. Aucune des parties concernées (États-Unis, Israël, Iran) n'a intérêt à une escalade qui provoquerait une flambée des prix du pétrole et une récession mondiale. Même la Russie n'a pas intérêt à porter un coup majeur à l'économie mondiale, car elle dépend plus que jamais des prix du pétrole pour financer son économie de guerre. Les prix de l'énergie se retourneraient probablement de façon spectaculaire si les banques centrales étaient contraintes de relever leurs taux directeurs, ce qui augmenterait la probabilité d'une récession.
La situation macroéconomique reste positive, l'économie mondiale demeurant résiliente. Une certaine inflation causée par une forte demande est en fait favorable à la croissance des bénéfices des entreprises. La saison des résultats, qui a débuté il y a quelques jours, continue de réserver des surprises positives par rapport aux attentes des analystes, tant en Europe qu'aux États-Unis. Après le récent repli de marché, et en supposant que les risques géopolitiques restent maîtrisés, nous pensons que les marchés d'actions vont bientôt revenir à leurs sommets de fin mars. Dans notre portefeuille modèle, nous avons tactiquement augmenté l'exposition au Nasdaq.
Les perspectives à moyen terme pour les actifs risqués est mitigé. Les valorisations restent élevées, en particulier aux États-Unis, et la capacité des consommateurs américains à continuer de dépenser au rythme actuel et à soutenir la croissance économique semble désormais plus limitée. Les estimations de la Réserve fédérale concernant les excès d'épargne accumulés pendant la pandémie indiquent qu'ils ont désormais été dépensés. Cela implique des vents contraires pour les ménages pour continuer à consommer à un rythme plus élevé que la croissance de leurs revenus. Mais cela n'implique pas non plus un effondrement soudain des dépenses de consommation.
Notre allocation stratégique reste équilibrée. Les sources de diversification par rapport aux actions sont rares, car les obligations restent sous pression et le prix des matières premières élevés. L'attrait des rendements obligataires élevés ne s'est pas traduit, depuis le début de l'année, par des performances positives pour le prix des obligations. À moyen terme, nous maintenons l'exposition à l'or et aux marchés émergents, tant pour les actions que pour les obligations, à surpondérer. Enfin, nous restons positifs sur le dollar par rapport à l'euro et plus généralement par rapport aux monnaies européennes, bien qu'à court terme, l'appétit pour le risque plus élevé pourrait soutenir l'EURUSD.
Semaine à venir : la saison des résultats va passer à la vitesse supérieure, tant en Europe qu'aux États-Unis. Meta (Facebook), Alphabet (Google), Microsoft et Intel publieront leurs résultats dans les prochains jours. Amazon et Apple publieront leurs résultats la semaine prochaine. Sur le front de la macroéconomie, l'indice des prix PCE en fin de semaine, la mesure de l'inflation privilégiée par la Fed, sera important à surveiller.



