Le rebond des actions a encore du potentiel. Les actions US ont continué de surperformer la semaine dernière, portées par des publications macroéconomiques et des résultats d’entreprise rassurants. Malgré les effets négatifs de l’incertitude commerciale, qui poussent certains observateurs à redouter une possible récession fin 2025, nous restons plus optimistes. Un ralentissement de la croissance américaine est néanmoins probable : les consommateurs ont avancé leurs dépenses et pourraient les réduire lorsque les droits de douane se répercuteront pleinement. Mais l’impact pourrait être moins sévère que ne le craint le consensus, à condition que l’administration Trump continue de rassurer en signant des accords commerciaux avec ses partenaires.
- Dans le rapport nous montrons que, bien que le « choc tarifaire » commence à se faire sentir, son effet sur les prix à la consommation reste pour l’instant très limité.
- Les données « dures » indiquent que l’économie américaine a résisté jusqu’ici à la hausse des tarifs et à l’incertitude accrue. Après des volumes de consommation très soutenus en mars, en lien avec les hausses de prix futures causées par les tarifs douaniers, les ventes au détail ont été faibles en avril mais n’ont pas chuté. Rassurant également : aucun signe d’affaiblissement marqué du marché du travail américain.
La désescalade sur le front commercial a donné lieu à des révisions haussières sur les anticipations de taux directeurs de la FED, poussant les taux à la hausse sur toutes les maturités et impactant aussi les taux EUR. À nos yeux, la récente remontée des taux longs en zone euro offre une nouvelle opportunité de bloquer des taux à un niveau relativement élevé.
Cette semaine, nous développons cinq convictions pour les prochains mois ; certaines sont tactiques compte tenu du contexte incertain :
- Jouer la détente commerciale via les actions US, partiellement couvertes en change. Les actions US ont sous‑performé en début d’année, mais la saison des résultats s’est révélée rassurante (croissance BPA S&P 500 : +13,6 % a/a au T1‑2025). À moyen terme, le potentiel reste limité par la valorisation élevée. Des révisions haussières des bénéfices sont toutefois possibles grâce à la détente commerciale, ce qui stabiliserait les valorisations tout en offrant un potentiel de hausse supplémentaire. Côté change, nous gardons un biais légèrement long USD contre euro, tout en restant relativement prudents.
- Surpondérer les actions japonaises. Les risques sont à la hausse grâce à un probable accord commercial avec les US, un yen plus faible et des valorisations attractives. À surveiller : un biais haussier de la BoJ pourrait soutenir le JPY. La corrélation entre actions japonaises et USD/JPY demeure forte ; les faibles chiffres du PIB T1 ne plaident toutefois pas pour une BoJ agressive.
- Pétrole bas pour longtemps – Surpondérer Voyages & Loisirs, Chimie en Europe. Historiquement, un pétrole plus bas profite à ces secteurs et à l’immobilier via des taux plus bas.
- Après la tempête : vers une reprise de la pharma européenne ? Le secteur a souffert des menaces tarifaires et des pressions baissières sur les prix de la part de l’administration Trump. De nombreuses valeurs paraissent attractives ; le secteur se traite près de 20 % en dessous de sa moyenne de long terme (P/E 12 mois prospectif).
- Vers de nouvelles baisses de taux de la BCE, tirant les rendements longs légèrement plus bas. La BCE reste accommodante et devrait abaisser son taux directeur sous 2 % cette année (contre 2,25 % actuellement). Les tensions commerciales continuent de peser sur la croissance, comme l’a montré la récente baisse de taux de la BoE. Les prévisions de croissance BCE/FMI demeurent faibles (1,1‑1,3 % par an en zone euro jusqu’en 2027).
Semaine à venir : la saison des résultats US touchant à sa fin, l’actualité sur les résultats d’entreprise ralentit nettement. En Europe, 75 % des sociétés du STOXX 600 ont publié. Dans le cadre de notre vue positive sur Voyages & Loisirs, nous suivrons de près les résultats de Ryanair et EasyJet (achat). Côté macro, surveillez les PMI préliminaires de mai, l’enquête IFO (Allemagne), l’IPC d’avril au Japon et les ventes au détail d’avril au Royaume‑Uni.



