Les actions européennes pour jouer l’apaisement des tensions à Hormuz
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Les marchés financiers restent guidés par les phases d’escalade et d’apaisement du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Au moment où nous écrivons ces lignes, la probabilité d’un accord s’est accrue, les prix du pétrole se sont détendus, ce qui soutient les actions, les obligations et l’or. Pourtant, il y a encore une semaine, les marchés se concentraient sur le risque d’un scénario sans accord, ce qui tirait à la hausse les anticipations d’inflation et les rendements obligataires tout en pesant sur les actions. Les investisseurs restent pris dans ce cadre de marché binaire.
Parvenir à un accord est toujours aussi difficile. L'Iran a récemment regagné du pouvoir de négociation et n'offre aucune concession majeure à la suite du blocus américain des ports iraniens. Dans le même temps, Trump apparaît quelque peu affaibli, confronté à une résistance croissante de la part des partisans républicains les plus radicaux, qui s'opposent à tout accord qui maintiendrait en place le régime actuel ou qui n’adresserait pas suffisamment ses ambitions nucléaires. Comme le souligne notre rapport, l'insatisfaction est également en hausse chez les électeurs, les taux d'approbation de Trump continuant de reculer.
Malgré ces incertitudes, la volatilité implicite des actions américaines reste proche, voire inférieure, aux niveaux d'avant le conflit, reflétant un optimisme quant au fait que l'économie américaine a des relais de croissance, notamment grâce aux investissements dans les infrastructures liées à l'IA. Les perspectives économiques sont plus difficiles en Europe, où les PMI préliminaires de mai indiquent un net ralentissement de l'activité. Cependant, les fondamentaux économiques et la performance des marchés peuvent diverger de manière substantielle, en particulier en Europe, où les entreprises génèrent une part importante de leurs revenus à l'étranger. Dans ce contexte, les secteurs cycliques européens pourraient continuer à surperformer, avec des thématiques telles que la technologie, les métaux et mines, les banques et les biens d'équipement en tête depuis fin mars, soutenus par une saison de résultats bien meilleure que prévu.
Nous avons adopté tactiquement une position plus prudente pour trois raisons principales. Premièrement, plus les négociations s'éternisent, plus les perturbations sur les marchés pétroliers risquent de durer. Nous redoutons que cela pèse de plus en plus sur la consommation des ménages. Les prochaines publications, notamment la confiance des consommateurs américains et les dépenses des ménages d'avril, étant susceptibles de montrer des signes d'affaiblissement. Deuxièmement, à la suite du rebond des actifs risqués depuis fin mars, le potentiel de hausse supplémentaire s’est réduit. La saison des résultats étant désormais derrière nous , les marchés pourraient se concentrer de plus en plus sur les défis économiques posés par les perturbations énergétiques et la pression qui en résulte sur le pouvoir d'achat des ménages. Troisièmement, tout accord reste incertain compte tenu du refus de l'Iran de faire des concessions sur l'uranium enrichi (les dernières informations laissent toutefois entrevoir un accord sur la liberté de passage dans le détroit d'Ormuz).
Notre positionnement prudent, adopté la semaine dernière, s'est traduit par une réduction de notre allocation en actions au profit de la liquidité. Nous avions clairement indiqué que ce mouvement constituait un allègement tactique du risque, sans intention de maintenir des niveaux de liquidités élevés sur une période prolongée.
Les informations concernant les risques énergétiques s'étant améliorées, nous redéployons désormais partiellement ces liquidités vers i) les actions de la zone euro (+5), qui affichent la corrélation négative la plus forte aux prix du pétrole parmi les marchés actions. ii) Nous renforçons également notre exposition à l'or (+5), qui reste fortement (négativement) corrélé aux prix du pétrole, ainsi que iii) aux gilts britanniques, qui ont subi un repli récent dans un contexte de turbulences politiques désormais apparemment apaisées. Au total, ces ajustements se traduisent par un passage à une légère surpondération des actions (depuis une position neutre), accompagné d'une exposition accrue à la duration via les obligations d'État et l'or. Ce dernier constitue une couverture contre un éventuel ralentissement supplémentaire de l'activité économique. Nous maintenons une position de liquidités à 5 %, dans l'attente d'une meilleure visibilité sur les négociations entre les États-Unis et l'Iran.
Thématiques : Souveraineté européenne et digitalisation. L'autonomie numérique a été identifiée dans le rapport Draghi comme un domaine critique pour la gestion des dépendances et des vulnérabilités. Comme nous le soulignons dans le rapport, Amazon, Microsoft et Google représentaient plus de 70 % du marché européen du cloud à fin 2025. Cela constitue une source majeure de vulnérabilité, d'autant que la relation transatlantique est devenue plus incertaine et moins prévisible sous l'administration Trump.
- Pour remédier à ces vulnérabilités, la Commission européenne a attribué le mois dernier un appel d'offres de 180 millions d'euros à quatre fournisseurs de cloud majoritairement européens, afin de renforcer la souveraineté numérique de l'UE et de réduire la dépendance aux technologies non européennes. Les entreprises sélectionnées doivent satisfaire à des critères de souveraineté stricts portant sur la sécurité, le contrôle juridique et la transparence de la chaîne d'approvisionnement, tout en garantissant une influence limitée des acteurs non européens. Un mois après cette annonce, la Commission européenne envisage désormais de restreindre l'utilisation des fournisseurs de cloud américains pour les données gouvernementales sensibles, dans le cadre d'un « Tech Sovereignty Package » plus large. Cette proposition n'exclurait pas totalement les fournisseurs étrangers, mais pourrait limiter leur rôle dans des secteurs critiques tels que la santé, la finance et la justice.
- En parallèle, plusieurs grands groupes français, dont Orange, Capgemini, EDF et Iliad, ont constitué le consortium AION en vue de candidater à la création d'une « gigafactory » européenne d'IA dans le cadre d'un programme soutenu par l'UE. Le projet vise à développer une infrastructure de calcul souveraine à grande échelle en s'appuyant sur des expertises couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur de l'IA.
- Notre stratégie de souveraineté européenne, composée de 15 valeurs issues de secteurs bénéficiant de ce soutien politique, tient ses promesses en termes de performance, affichant une hausse de 38 % depuis son lancement en août 2025.
Performance du panier de valeurs KC Solutions souveraineté européenne (15 valeurs, équi-pondéré, lancé le 18/08/25)
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