Pendant que le regain de tensions géopolitiques alimente les inquiétudes liées à l’inflation, le supercycle de la technologie, des infrastructures et de la défense maintient une croissance soutenue des bénéfices. Alors que la saison des résultats bat son plein, les conditions de liquidité peuvent être moins favorables en cette période estivale. L'équilibre entre les risques géopolitiques et les résultats des entreprises pourrait entraîner des fluctuations importantes , dans un sens comme dans l'autre. Dans cette note hebdomadaire, nous analysons ces dynamiques de marché et présentons les idées d'investissement qui, selon nous, sont les mieux placées pour en tirer parti.
Le contexte géopolitique reste particulièrement difficile. Selon nous, l’Iran cherche à tirer parti des contraintes politiques imposées par le cycle électoral américain des élections de mi-mandat pour renforcer son emprise sur le détroit d’Ormuz, pariant sur la réticence du président Trump à risquer une nouvelle flambée des cours du pétrole. En ce moment même, le Brent s’échange au-dessus de 90 dollars le baril, malgré des informations faisant état d’efforts diplomatiques en cours pour apaiser les tensions et empêcher une nouvelle escalade.
D’un point de vue investissement, cet environnement est particulièrement difficile. Les tensions géopolitiques font peser des risques de stagflation, ce qui pèse sur les perspectives des actions et des obligations. Par conséquent, réduire la prise de risque en augmentant l’exposition aux obligations n’est pas une option particulièrement attrayante, alors que les anticipations d’inflation sont reparties à a hausse. Par ailleurs, les risques géopolitiques peuvent s’estomper aussi vite qu’ils apparaissent, exposant ainsi d’éventuelles positions longues sur le pétrole à une correction soudaine.
Dans l'ensemble, les actions restent la classe d'actifs la plus attractive dans un contexte marqué par une inflation en légère hausse et une croissance économique résiliente.
Le principal facteur positif pour les actions reste l’amélioration continue des prévisions de bénéfices des entreprises. Selon Factset (lien), un nombre record d’entreprises technologiques de l’indice S&P 500 ont publié des prévisions positives concernant leur bénéfice par action (BPA) pour le deuxième trimestre. Dans ce contexte, la croissance des bénéfices du S&P 500 pourrait avoisiner 30 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026. Alors que le consensus table actuellement sur une croissance du BPA d’environ 25 %, la tendance habituelle aux surprises positives sur les résultats pourrait porter ce chiffre jusqu’à 30 %. En Europe, les prévisions du consensus indiquent une croissance du BPA comprise entre 15 et 17 %, portée principalement par les secteurs de l’énergie, des matériaux et de la technologie.
Alors que la saison des résultats n’en est encore qu’à ses débuts, seules 68 sociétés de l’indice S&P 500 (soit 14 %) ont publié leurs résultats trimestriels à ce jour, la surprise agrégée sur les résultats dépasse les 15 %. En conséquence, la croissance des bénéfices en glissement annuel de ces entreprises a bondi à 45 %. Dans ce contexte, il est difficile de trouver des arguments convaincants pour parier contre les actions américaines , à moins de tabler sur un retour des cours du pétrole vers 120 dollars le baril dans les semaines à venir.
En Europe, 83 valeurs de l’indice STOXX Europe 600, représentant 16 % des entreprises qui vont publier leurs résultats trimestriels, ont déjà communiqué leurs résultats. Si la surprise agrégée est plus modeste, à environ 3 % selon Bloomberg, la croissance des bénéfices reste solide, à 37 % en glissement annuel pour ces entreprises. Le secteur financier continue de se démarquer, bénéficiant d’une forte dynamique de résultats et d’un environnement de fusions-acquisitions exceptionnellement actif. À cet égard, nos analystes ont publié un rapport dédié à l’essor de l’activité de fusions-acquisitions en Europe, mettant en avant les secteurs qui enregistrent le plus grand nombre d’opérations et les idées d’investissement les mieux placées pour en tirer parti.
Stratégie multi-actifs : Nous conservons une orientation prudente, car les risques géopolitiques pourraient s’aggraver avant de s’atténuer. Toutefois, la recrudescence des tensions dans le détroit d’Ormuz perturbe de moins en moins les marchés financiers. Alors qu’une saison des résultats solides bat son plein, nous ne pensons pas que le contexte actuel justifie une réduction de l’exposition au risque. De plus, les valeurs refuges restent relativement peu attractives, car la hausse des prix de l’énergie pourrait faire grimper davantage les anticipations d’inflation et peser sur les marchés obligataires. Nous conservons donc une position « surpondérée » sur les actions, avec une exposition au secteur technologique via le Nasdaq et aux marchés émergents (hors Chine), tout en préservant la diversification grâce à des allocations dans la zone euro et les petites capitalisations américaines, dont la performance dépend moins des valeurs technologiques.
Actions européennes : La zone euro restant vulnérable aux aléas géopolitiques en raison de sa dépendance aux importations d'énergie, une certaine prudence s'impose lors de l'élaboration des vues sectorielles. À ce stade, nous privilégions les secteurs défensifs tels que le secteur pharmaceutique, les télécommunications et les services aux collectivités. Dans ce rapport, nous nous appuyons également sur les travaux de nos analystes sur la vague actuelle de fusions-acquisitions en Europe, qui reste particulièrement soutenue dans les secteurs technologiques et financiers.
Sur le plan des valeurs financières, la donne pourrait bien avoir changé en matière de consolidation bancaire en Europe, UniCredit étant sur le point de prendre le contrôle de Commerzbank. L’exemple d’UniCredit montre que la persévérance, une gestion audacieuse et une exécution sans faille peuvent venir à bout de l’hostilité politique et de cadres réglementaires rigides. Nos analystes examinent en détail les opérations de consolidation possibles parmi les 20 premières capitalisations boursières du secteur. En conséquence directe, ils ont relevé la recommandation sur Quilter, Société Générale et Unicaja, passant de « Conserver » à « Acheter ».
GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Les risques géopolitiques persistent, mais des résultats solides et une forte reprise des fusions-acquisitions en Europe soutiennent les actions




