Que se passe-t-il dans la vie politique française ? Après des débats politiques animés de ce côté-ci de l'Atlantique également, le premier tour des élections législatives françaises a confirmé la montée de l'extrême droite (33,1%) dans un contexte de forte participation électorale (67,5%). Les spécificités de ces élections (2ème tour dimanche prochain avec un nombre record de triangulaires) laissent encore beaucoup d'options ouvertes. Nous attendons plus de clarté à partir de mercredi, une fois que les candidats au second tour auront été confirmés.

Les marchés ont été rassurés par la faible probabilité que l'extrême droite obtienne la majorité absolue au Parlement français. À l'ouverture lundi, les banques françaises ont rebondi, l'écart entre l'OAT et le Bund s'est resserré et l'EURUSD s'est apprécié. Bien que l'incertitude soit susceptible de persister dans les prochains jours, le premier tour des élections législatives n'a pas apporté de surprises négatives par rapport aux sondages électoraux. Il est important de noter qu'il n'y a pas eu d'hécatombe pour les partis politiques modérés favorables à l'UE. Notre analyse suggère que le petit rebond des actifs français devrait se poursuivre. En tout état de cause, les deux partis extrêmes devront probablement composer avec le centre pour former une majorité. Cependant, une forte majorité relative pour l'extrême droite conduira à une équation politique complexe en France au cours des prochaines années.

Diversifier le risque France. Du point de vue des marchés globaux, l'incertitude politique liée à la France reste un facteur local qui peut être facilement diversifié. Les conséquences sur les prix des actifs ont été régionales et non mondiales. Le spread des obligations souveraines espagnoles et italiennes s’est encore élargi la semaine dernière (+5 points de base par rapport aux swaps). Mais à part cela, les marchés n'ont pas exprimé de signes d'inquiétude majeure à l'approche du premier tour de l'élection française. Les actions japonaises (Surpondéré) ont continué à se redresser alors que le yen a atteint ses plus bas niveaux depuis plusieurs décennies par rapport à l'USD. En Europe, nous continuons à préférer les marchés suisse et britannique, avec une exposition aux devises par rapport à l'euro.

Le sentiment à l’égard des obligations s’améliore. Nous constatons que les surprises économiques s'effondrent aux États-Unis, mais les rendements à court terme restent sous le contrôle de la Fed, qui a maintenu une approche attentiste en ce qui concerne les baisses de taux jusqu'à présent. Cette semaine, le rapport sur le marché de l'emploi américain contribuera à clarifier la situation. Nous pensons que les prochains chiffres confirmeront la désinflation et augmenteront la probabilité que la Fed commence à baisser ses taux en septembre. Les investisseurs montrent un appétit croissant pour la duration obligataire, avec des flux impressionnants dans les bons du Trésor américains à long terme (TLT US ETF).

Préparez-vous pour la saison des résultats. Avant le début de la saison des résultats, nous réexaminons les attentes du consensus. En Europe, les prévisions de croissance des bénéfices pour 2024 ont été légèrement revues à la baisse depuis le début de l'année, tandis que celles pour 2025 ont été revues à la hausse (mais principalement en raison d'un effet de base par rapport à 2024). Aux États-Unis, en revanche, les analystes ont continué à réviser à la hausse les estimations de croissance des bénéfices pour 2025 (2024 est stable). Sur le plan sectoriel, les secteurs du luxe et de l'automobile pourraient faire l'objet de nouvelles révisions négatives, tandis que les attentes du consensus pour les banques semblent correctes selon nos analystes. La chimie manque toujours de visibilité pour le second semestre.

Semaine à venir. Outre le rapport de juin sur le marché de l'emploi aux États-Unis, l'enquête ISM apportera un éclairage sur la dynamique économique récente. En zone euro, l'IPC de juin sera particulièrement important avant la réunion de la BCE du 18/07. La BCE a commencé à réduire ses taux, mais a indiqué qu'il était peu probable qu'elle le fasse deux fois de suite.

Performance hebdomadaire des classes d'actifs (%)

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