Bienvenue dans le futur
61 mardi, 6 janvier 2026 17:18
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À l’aube de 2026, nous reprenons le fil de nos analyses afin de partager nos convictions et d’apporter un regard neuf sur les dynamiques de marché. Nous vous adressons tous nos vœux de bonheur et de prospérité pour cette nouvelle année !
En décembre dernier, nous avions intitulé nos perspectives 2026 « Tough on a tightrope », en écho aux craintes liées à la surévaluation des marchés actions. Après trois années consécutives de performances proches de 20 % pour les actions mondiales, les niveaux de valorisation se sont hissés à des sommets, ce qui implique, en théorie, des rendements futurs plus modestes. Si, à un moment donné, le scénario technologique venait à se fissurer, les conséquences pourraient être systémiques, compte tenu de la forte concentration de la thématique de l’intelligence artificielle dans les principaux indices actions et, à terme, dans les indices de crédit américains. Toutefois, le principal écueil d’une approche strictement fondée sur les valorisations est qu’elle aurait conduit, ces dernières années, à une sous-exposition significative aux valeurs technologiques, au prix d’un coût d’opportunité considérable.
Nous continuons en effet d’accorder un rôle central à l’innovation et au progrès technologique en tant que source de création de richesse. Pour reprendre les propos récents des lauréats du prix Nobel d’économie, l’innovation est à la fois créatrice et destructrice, et cette « destruction créatrice » engendre des tensions qui doivent être gérées de manière constructive afin de ne pas entraver le progrès. À nos yeux, la rivalité entre les États-Unis et la Chine pour le leadership technologique constitue également une forme de destruction créatrice, à condition que cette compétition ne dégénère pas. Par ailleurs, sur le plan des politiques économiques aux États-Unis, la recomposition de la Réserve fédérale (présidence du FOMC, rotation des membres votants des banques régionales) devrait s’accompagner d’une orientation plus accommodante, favorable tant aux marchés actions qu’aux marchés obligataires. Aussi, la majorité de Donald Trump est vulnérable en amont des élections de mi-mandat fin 2026, un rendez-vous clé qui influencera l’agenda politique du premier semestre : baisse des droits de douane et mesures de soutien au pouvoir d’achat des ménages, susceptibles de dynamiser la consommation des ménages. À l’échelle mondiale, l’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et potentiellement entre les États-Unis et l’Inde, ouvre des perspectives attractives sur les marchés émergents, engagés dans des cycles de baisse des taux. En Europe, une éventuelle résolution du conflit russo-ukrainien et la mise en œuvre du plan de relance allemand constituent autant d’opportunités que nous cherchons à capter à travers les paniers actions présentés dans ce rapport.
Les risques restent néanmoins dominés par certaines orientations controversées de la politique de Donald Trump, susceptibles de fragiliser les bons du Trésor américain et le dollar, piliers du système financier mondial. En Europe, la menace russe devrait perdurer, ce qui plaide pour la poursuite de la surperformance du thème de la défense, même en cas d’accord de paix entre l’Ukraine et la Russie. Une autre interrogation majeure concerne la Chine : pourrait-elle chercher à tirer parti d’une position plus conciliante de l’administration Trump sur Taïwan pour tenter une action militaire durant son mandat ? En Europe toujours, l’Allemagne continue de faire face à des défis de croissance, tandis que l’appréciation de l’euro constitue un facteur défavorable. La concurrence chinoise ou les tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine pourraient également peser sur la confiance des consommateurs européens. Enfin, la course aux infrastructures liées à l’IA s’accompagne de goulets d’étranglement, notamment en matière de capacités énergétiques et de congestion des réseaux, susceptibles de freiner les déploiements et de générer des déceptions.
Ces fragilités et menaces ne sont pas nouvelles et, selon nous, les marchés ont appris à composer avec un environnement géopolitique durablement incertain. Dans ce contexte, nous abordons 2026 avec un biais positif sur les actifs risqués, en affichant une surpondération des actions, tout en rappelant l’importance cruciale de la diversification. En allocation d’actifs, nous identifions de la valeur sur les marchés obligataires, tout en évitant une exposition excessive au risque de duration. D’un point de vue géographique, nous sommes surpondérés sur les actions asiatiques, en privilégiant une combinaison entre le Japon et l’Asie émergente. Nous restons structurellement prudents sur la Chine, adoptant une approche tactique en raison de la crise immobilière et de la faiblesse de la consommation, tout en continuant à percevoir la technologie asiatique comme un thème porteur. En Europe, nous avions mis en avant le luxe et la santé dans notre scénario pour l’an dernier. Pour 2026, notre positionnement contrariant se porte sur le secteur automobile, où nous anticipons un assouplissement des contraintes réglementaires à mesure que l’Union européenne adapte son Green Deal à la nouvelle donne géopolitique. Cela étant, notre conviction la plus forte demeure la surpondération de la santé en Europe, complétée par une surpondération des services aux collectivités.
Nous réitérons ci-dessous nos six grandes convictions pour 2026, tout en soulignant qu’elles ne sont pas immuables. Pour reprendre un adage bien connu, l’adaptabilité dans le monde financier est l’équivalent de la survie dans le monde physique ; et l’imprévisibilité de Donald Trump exigera, selon nous, une grande agilité dans la gestion des portefeuilles tout au long de l’année.
#1 Les actions américaines restent une pierre angulaire des portefeuilles globaux. Nous recommandons de maintenir une exposition diversifiée et agile à la tech, car l’IA créera à la fois des gagnants et des perdants
- Ne vous opposez pas à la Fed, ne vous opposez pas à la tendance tech, mais restez prudents, car la course aux infrastructures de l’IA comporte des goulets d’étranglement et des risques de déceptions.
- Au-delà de la tech, nous anticipons une nouvelle hausse des pharmas et des banques aux États-Unis, ainsi qu’une reprise de la consommation discrétionnaire. Nous avons aussi augmenté l’exposition aux petites capitalisations américaines afin de tirer parti du thème de la résilience de la croissance et des baisses de taux de la Fed plus importantes que prévu.
#2 Surpondérer certains secteurs actions européens tels que la santé et les services aux collectivités
- La visibilité a été rétablie dans le secteur pharmaceutique. L’industrie a agi pour répondre aux demandes de Trump en matière de baisse du prix des médicaments et d’investissements aux États-Unis. Le secteur offre des valorisations attractives et une exposition à une thématique structurelle (vieillissement de la population, obésité). Sa faible corrélation avec la tech en fait une bonne source de diversification.
- Les services aux collectivités sont devenus plus dynamiques récemment grâce au thème des infrastructures liées à l’IA. En tant que secteur à faible bêta, à dividendes élevés et à valorisations attractives, son exposition à l’écosystème de l’IA lui confère un profil risque-rendement intéressant.
#3 Adopter une approche contrariante sur l’automobile et le luxe européens
- Le secteur automobile en Europe a nettement sous-performé au cours des 18 derniers mois. Ses valorisations sont ainsi devenues attractives. Nous anticipons un assouplissement des contraintes réglementaires pesant sur le secteur, à mesure que l’UE adapte son Green Deal à la nouvelle réalité géopolitique, ce qui devrait permettre de libérer la décote de valorisation.
- Le luxe a également sous-performé les actions européennes en 2025, bien que des signes de stabilisation apparaissent, en particulier en Chine. Le Moyen-Orient est désormais la région connaissant la croissance la plus rapide, stimulée par le tourisme et une demande interne robuste. La zone Amérique du Nord a bénéficié du retour des clients locaux et d’une amélioration du sentiment au 2ème semestre, tandis que l’Europe a été pénalisée par une baisse des flux touristiques dans un contexte d’appréciation de l’euro. La région APAC hors Chine s’est améliorée, la Corée du Sud montrant des signes de reprise.
#4 Diversification globale : Japon, marchés émergents, Chine, Or
- Bien que nous estimions que les actions américaines restent une pierre angulaire des portefeuilles globaux, la diversification reste essentielle.
- Nous maintenons une position surpondérée sur les actions japonaises et les actions des pays émergents. Les valorisations sont raisonnables, le Japon réagit à de nouvelles dynamiques internes (confiance des consommateurs, relance budgétaire, éventuellement la fin des hausses de taux de la BoJ en 2026). La Chine est, selon nous, plus spéculative et nécessite une approche tactique.
- L’or constitue également une source de diversification. Sa performance à long terme est comparable à celle des actions, sans corrélation significative avec ces dernières. L’affaiblissement du dollar comme monnaie de réserve sous l’administration Trump reste un moteur pour l’or.
#5 Rester long sur les obligations d’État italiennes (EGB) pour le carry ; statu quo sur les OAT françaises.
- Nous anticipons de nouvelles baisses de taux dans la zone euro en 2026, avec un taux de dépôt de la BCE attendu à 1,5 % fin 2026.
- L’Italie offre un carry plus élevé que les autres obligations d’État de la zone euro et une stabilité politique supérieure à celle de la France. Mais elle comporte également des risques de crédit, la dette publique s’approchant de 140 % du PIB. Il convient toutefois de surveiller le ralentissement de la croissance, qui peut compliquer l’équilibre budgétaire.
- En France, nous anticipons un statu quo en 2026. L’écart par rapport au Bund devrait rester dans une fourchette de 75 à 85 points de base.
#6 Crédit européen: surpondérer les hybrides corporate et les Tier 2 dans le secteur bancaire. Sélectivité dans le crédit à haut rendement, les AT1 et RT1.
- Nous réitérons notre surpondération des notes hybrides corporate, qui bénéficient i) d’une prime claire par rapport à l’indice corporate BBB; ii) d’une perspective de crédit stable pour la plupart des émetteurs; iii) d’un risque d’extension très faible, soutenu par une forte visibilité en matière de call et de refinancement; iv) de conditions favorables sur le marché primaire.
- Nous restons positifs sur les obligations Tier 2 des banques européennes, en nous concentrant sur les fenêtres de call de 3 à 5 ans avec des logiques de refinancement claires.
- Le secteur européen de l’assurance a démontré sa résilience en 2025. La qualité de crédit reste stable, les agences confirmant largement les notations et perspectives. Nous pensons que les RT1 devraient surperformer le marché high-yield dans son ensemble, bien que le nombre d’obligations disponibles soit limité.
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