Un nouveau départ. Les risques politiques sont désormais sous contrôle en France et l'inflation américaine surprend à la baisse. Cela pourrait donner lieu à une inversion des tendances récentes sur les marchés, qui ont vu les valeurs américaines de la Tech dominer outrageusement les marchés mondiaux. Selon nous, la Fed devrait être en mesure de baisser les taux dès septembre, ce qui apporterait un soutien aux obligations et entraînerait des rotations des grandes capitalisations vers les petites capitalisations en Europe et aux États-Unis. Bien que de tels mouvements se soient avérés de courte durée par le passé, nous pensons que la tendance à la désinflation va maintenant devenir plus convaincante pour les banques centrales. Dans notre allocation d'actifs, nous repondérons les actions européennes au détriment des actions américaines.
Quelques nouvelles de Paris. En France, les marchés restent relativement prudents car la coalition de gauche est arrivée en tête des élections législatives et leur programme est considéré comme beaucoup trop expansionniste. Cependant, en raison du degré de fragmentation sans précédent du paysage politique, nous pensons que Macron sera contraint de nommer un Premier ministre modéré. Mais on ne sait pas encore si le prochain Premier ministre sera nommé dans les prochains jours ou si Macron attendra septembre, c'est-à-dire après les Jeux olympiques.
Attention au décalage. Aux États-Unis, la saison des bénéfices commence et les entreprises aiment surprendre les marchés. Pourtant, le consensus pour le S&P 500 compilé par FactSet suggère que les analystes ont révisé à la baisse leurs estimations de bénéfices dans des proportions plus faibles que d'habitude. Nous pensons que la possibilité de surprendre est assez limitée après la performance réalisée depuis le début de l’année par les actions américaines. Les analystes s'attendent à ce que les BPA du S&P 500 aient progressé de 8,8 % au T2 2024, en glissement annuel, avec une croissance des BPA pour les services technologiques/de communication et les soins de santé attendue à 16-18 % par rapport au T2 2023.
L'effet de saisonnalité est généralement négatif à l'approche des mois d'été. Nous montrons dans le rapport que les mois d'août et de septembre sont les plus faibles en termes de performance du S&P 500. Notre analyste technique se montre également plus prudent à l'égard des large caps US. A plus long terme, la probabilité croissante d'une réélection de Trump pourrait toutefois s'avérer favorable aux actifs risqués. Par ailleurs, le risque de récession semble relativement faible. Les signes de modération des dépenses de consommation et du marché du travail devraient aider la Fed à assouplir sa politique monétaire et à soutenir l'économie.
Au sein des actions européennes, nous privilégions les secteurs sensibles aux taux. Dans la perspective d'une poursuite de la baisse des rendements obligataires, nous réitérons notre position positive sur les secteurs sensibles aux taux tels que l'immobilier, l'alimentation et les boissons, les produits ménagers et les soins personnels, les services aux entreprises et les technologies médicales.
Nous relevons également le secteur des services aux collectivités à surpondérer. C’est un des secteurs le plus inversement corrélé aux taux. Depuis plusieurs mois, nous signalons l'opportunité sur les énergies renouvelables, car elles semblaient excessivement malmenées. Mais elles sont les principaux catalyseurs de la transition énergétique en Europe. Cette transition n'est pas seulement nécessaire pour des raisons environnementales, mais aussi parce qu'elle offre un moyen de réduire les prix de l'électricité et la dépendance de l'UE à l'égard des énergies fossiles importées. Avec la baisse des rendements obligataires, une autre composante importante du secteur des services aux collectivités devrait mieux se comporter : les entreprises de réseau (nos valeurs préférées: Elia, Redeia et E.ON). Ces entreprises sont réglementées et ont d'énormes opportunités de croissance, car les énergies renouvelables ont besoin d'un réseau électrique plus large.
Semaine à venir : En Europe, l'attention se déplacera de Paris à Francfort et Strasbourg. À Francfort, la BCE tiendra sa réunion de politique générale et, bien que l'on s'attende presque unanimement à ce qu'elle maintienne les taux inchangés, sa communication indiquera probablement qu'elle reste sur la bonne voie pour procéder à une deuxième baisse de taux en septembre. À Strasbourg, le Parlement européen se prononcera sur le second mandat d'Ursula Von der Leyen à la présidence de la Commission européenne.
Performance hebdomadaire des classes d'actifs (%)




