La renaissance du nucléaire à l’ère de l’IA
314 mardi, 30 septembre 2025 23:31
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L’économie US brouille les pistes
Alors que nous avons adopté une position moins agressive sur les actifs risqués pendant l’été en raison du ralentissement du marché de l’emploi aux États-Unis, les dernières données envoient des signaux contradictoires. La création d’emplois est quasi nulle, mais les consommateurs continuent de dépenser, selon les derniers chiffres publiés par le BEA la semaine dernière. Et si les consommateurs maintiennent ce rythme de dépenses, l’activité économique devrait rester résiliente. Les bénéfices des entreprises pourraient alors atteindre de nouveaux sommets et dépasser les attentes des analystes, alimentant la flambée des marchés actions. À cet égard, en amont de la saison des résultats du T3 qui débutera la semaine prochaine, les analystes ont relevé leurs prévisions de croissance des bénéfices pour le S&P 500, de +7,3 % en glissement annuel fin juin à +7,9 % actuellement.
- La troisième estimation du PIB réel du T2 indique un rythme de croissance bien plus fort que prévu (3,8 % en rythme annualisé trimestriel contre 2,6 % attendu initialement). Le consensus des économistes continue de prévoir un net ralentissement à l’approche de la fin d’année. Mais rien n’est moins sûr. L’estimation GDPNow de la Fed d’Atlanta suggère que l’économie américaine devrait croître de 3,9 % au T3 !
- L’enquête récente auprès des directeurs financiers (CFO survey) que nous présentons dans le rapport éclaire la situation dans son ensemble. Il apparaît que les entreprises ont jusqu’à maintenant absorbé en grande partie les droits de douane de Trump, épargnant ainsi les consommateurs. Mais elles subissent des pressions sur les coûts et signalent un resserrement de leurs plans de dépenses et d’embauches. Cela contribue à expliquer le schéma inhabituel d’une création d’emplois faible et d’une consommation robuste. Combien de temps cet équilibre fragile pourra durer reste spéculatif.
- Notre scénario central demeure qu’avec les valorisations actuelles et les risques macroéconomiques, il y a peu d’incitations à courir après le rallye boursier. Dans notre allocation d’actifs globale, nous continuons de recommander une diversification géographique des actions au-delà des marchés américains et européens (surpondération du Japon et de la Chine, légère surpondération des actions américaines), ainsi qu’une diversification au-delà des actions (or, duration obligataire).
La renaissance du nucléaire à l’ère de l’IA
Dans un contexte économique et géopolitique qui contraint l’appétit pour le risque, nous avons lancé plusieurs thématiques qui partagent une approche commune : s’exposer à des thèmes offrant de la visibilité à moyen terme et bénéficiant d’un fort soutien des politiques publiques. Dans cette logique, et avec l’appui de nos analystes actions, nous avons construit un panier de valeurs pour tirer parti du plan de relance allemand, de l’initiative européenne sur la souveraineté, et du potentiel de résolution du conflit entre l’Ukraine et la Russie. Cette semaine, nous explorons la thématique de la renaissance nucléaire.
- Le soutien politique à l’énergie nucléaire se renforce dans de nombreux pays. Aux États-Unis, l’Inflation Reduction Act a étendu les incitations fiscales aux énergies propres au nucléaire, améliorant considérablement la rentabilité de tous les réacteurs en activité. En Europe, la taxonomie de l’UE a classé le nucléaire comme technologie de transition, le reconnaissant comme imparfait mais acceptable pour plusieurs décennies. Le Japon, pourtant marqué par l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, a décidé début 2023 de rouvrir la plupart des réacteurs fermés et de prolonger la durée de vie de son parc de 40 à 60 ans.
- Les deux principaux moteurs de la renaissance nucléaire sont l’IA et la réduction des émissions de carbone. Alors que les centres de données sont nécessaires pour entraîner et déployer les modèles d’IA, le développement de l’IA générative requiert de plus en plus d’électricité. Plusieurs grandes entreprises technologiques américaines ont signé des accords avec des acteurs nucléaires ou des start-ups pour obtenir un accès fiable et continu à l’électricité nécessaire à leurs centres de données énergivores. Parallèlement, l’atteinte des objectifs de neutralité carbone exigera plus d’énergie, mais aussi une énergie plus propre, pour de nombreuses activités : bâtiments verts, transports propres, digitalisation… En termes d’émissions de CO2, le nucléaire est l’une des sources de production d’électricité les plus propres (12 g/kWh). Convaincus de son rôle clé dans la réalisation des objectifs « net zéro », plus de 20 pays se sont engagés à tripler la capacité nucléaire d’ici 2050.
- Les réacteurs modulaires de petite taille (SMR) sont appelés à devenir l’épine dorsale de l’infrastructure de l’IA. Ces réacteurs nucléaires avancés, d’une capacité allant jusqu’à 300 MW(e) par unité — soit environ un tiers de la capacité de production d’un réacteur nucléaire traditionnel — devraient constituer un pilier de l’infrastructure numérique. Les géants de la tech ont déjà engagé plus de 10 milliards de dollars dans des partenariats nucléaires, et 22 gigawatts de projets sont en développement dans le monde.
- Flux et performances. Selon notre base de données Trackinsight, nous montrons dans le rapport les flux massifs vers les ETF sur la thématique du nucléaire. Parallèlement, les performances sont au rendez-vous. Depuis le lancement de notre thématique il y a trois mois, notre stratégie a progressé de près de 30 % (en euros), contre +8 % pour le MSCI World (en euros).
La semaine à venir
Aux États-Unis, l’enquête ISM sur le secteur manufacturier et le rapport sur l’emploi de septembre seront publiés. En Europe, ce sera l’inflation de septembre (IPC). Au Japon, l’enquête Tankan apportera un éclairage sur la dynamique récente des entreprises.
Performance du panier KC Solutions Renaissance du Nucléaire (9 actions, pondération égale, lancé le 20/06/25)
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