Un contraste grandissant entre l’environnement économique et les marchés. D’un côté, le shutdown du gouvernement américain, le ralentissement du marché de l’emploi et la baisse de la confiance des consommateurs invitent à la prudence face à des actions américaines aux valorisations élevées. En Europe, il n’y a pas de shutdown, mais la situation politique reste très fragile en France et les perspectives de croissance demeurent globalement faibles dans la région. En Chine, le marché immobilier reste enlisé, et les ménages continuent de subir la baisse des prix de l’immobilier qui freine leurs dépenses.
- Mais d’un autre côté, les fusions acquisitions sont en plein essor : les volumes de fusions-acquisitions dans le secteur technologique ont bondi de 75 % depuis le début de l’année aux États-Unis par rapport à la même période l’an dernier ! Selon Dealogic, la technologie est de loin le secteur le plus actif en matière de M&A, avec plus de 500 milliards de dollars de transactions depuis janvier.
- Parallèlement, la saison des résultats démarre progressivement cette semaine. Nous anticipons moins de surprises par rapport au consensus qu’au deuxième trimestre, mais la croissance attendue des bénéfices reste solide (+8 % sur un an pour le S&P 500, dont +21 % pour le secteur technologique). Aussi, en Europe, l’un des grands secteurs, la santé, connaît un véritable retournement de tendance, que nous détaillons ci-dessous.
- Pour éviter le « paradoxe de Truman » (« Trouvez-moi un économiste qui n’a qu’une seule main ! »), nous avons adopté une position plus prudente sur les actifs risqués. Ce repositionnement est d’autant plus aisé que le marché obligataire redevient attractif, à condition que la Fed tienne la trajectoire de son dot plot.
La renaissance du secteur pharmaceutique. Après la forte reprise du secteur observée la semaine dernière, faut-il conserver notre surpondération ?
- Des deux côtés de l’Atlantique, le secteur de la santé a nettement sous-performé le marché ces derniers trimestres. La pharma en particulier a été confrontée à de nombreux vents contraires : menaces persistantes de droits de douane et fortes pressions de l’administration américaine pour faire baisser le prix des médicaments. Des signaux positifs sont apparus cet été, et tout indique désormais que le pire est derrière nous. Nous réitérons donc notre recommandation de surpondérer le secteur.
- Plusieurs initiatives récentes confirment cette inflexion. La semaine dernière, Pfizer a accepté de réduire le prix de certains médicaments jusqu’à 85 % et de les vendre directement au public américain, en échange d’un moratoire de trois ans sur les droits de douane pharmaceutiques. D’autres grands laboratoires devraient suivre, Eli Lilly & Co. étant déjà en discussion avancée avec l’administration pour élargir l’accès des patients et rendre les traitements plus abordables. Même si, à première vue, ces accords peuvent peser sur les marges, la visibilité retrouvée du secteur constitue un facteur positif majeur, les effets négatifs semblant déjà intégrés dans les cours.
- Les grands laboratoires ont par ailleurs annoncé d’importants investissements aux États-Unis dans les années à venir et devraient ainsi éviter les droits de douane de 100 % sur les médicaments de marque importés, récemment évoqués par le président Trump.
- Comme le montre notre rapport, la pression baissière sur les valeurs pharmaceutiques a ramené leurs valorisations à des niveaux particulièrement attractifs. Combinée à leur profil défensif et de croissance – actuellement privilégié dans notre allocation – cette dynamique fait de la santé l’un de nos secteurs favoris.
- La sensibilité des titres pharmaceutiques européens aux fluctuations du dollar américain reste un facteur de risque potentiel. Cependant, si notre scénario se confirme et que la BCE reprend ses baisses de taux début 2026, un nouveau recul du dollar ne semble pas imminent. La valorisation actuelle offre par ailleurs une marge de sécurité appréciable.
La semaine à venir : aux États-Unis, le shutdown partiel du gouvernement perturbe la publication des statistiques : le rapport sur l’emploi de septembre a été reporté. En revanche, les minutes de la dernière réunion du FOMC seront disponibles cette semaine. Dans la zone euro, les chiffres des ventes au détail pour le mois d’août seront publiés.
Les valeurs pharmaceutiques amorcent leur rebond




