Malgré quelques escarmouches, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tient bon, les pourparlers qui se sont tenus ce week-end en Suisse ayant, permis “des avancées significatives”. Le pétrole Brent reste autour de 80 dollars le baril, voire légèrement en dessous, et pourrait reculer vers 70 dollars le baril au cours du troisième trimestre.

Dans ce rapport, nous en analysons les implications de marché et présentons quelques idées d’investissement pour le troisième trimestre.

  • Sur les marchés obligataires, nous adoptons une position à contre-courant de l’orientation restrictive (« hawkish ») des banques centrales, estimant que le cycle de hausse des taux sera de courte durée. Les anticipations d’inflation sont déjà en recul, même si les autorités monétaires ont besoin de preuves plus convaincantes de l’absence d’effets de second tour avant d’assouplir leur discours. Lors de sa première réunion du FOMC en tant que président la semaine dernière, Kevin Warsh a adopté un ton restrictif, reflétant la nécessité de renforcer la crédibilité de la Réserve fédérale dans son objectif de ramener l’inflation à 2 %. Bien que les rendements obligataires paraissent attractifs, leur baisse pourrait prendre du temps, d’abord sur la partie courte de la courbe des taux, puis, par extension, sur la partie longue. L’orientation restrictive de la Fed a pesé sur l’or, qui reste pénalisé par la hausse des taux réels. Un rebond significatif pourrait donc se faire attendre. Les fondamentaux se sont également affaiblis : les prix élevés pèsent sur la demande de joaillerie et certaines banques centrales sont redevenues vendeuses. Cela dit, la PBoC continue d’acheter régulièrement de l’or.
  • Sur les marchés actions, nous avons récemment souligné que les secteurs industriels et les valeurs de consommation cyclique étaient négativement corrélés aux prix du pétrole et devraient donc bénéficier du repli de ce dernier. Toutefois, les thèmes liés à la consommation restent sous pression, en raison d’une demande atone. Nous demeurons prudents à l’égard du secteur du luxe et, plus particulièrement, de l’automobile. Nous privilégions plutôt les segments industriels à forte intensité énergétique, tels que les compagnies aériennes et les biens d’équipement. Dans ce contexte, notre panier de valeurs exposées au plan de relance allemand reste bien positionné, offrant à la fois une exposition à des secteurs énergivores et un soutien macroéconomique lié à la volonté d’accélérer le déploiement du plan d’investissement dans les infrastructures.

Japon vs. Chine. Le Japon reste l’une de nos plus fortes convictions en matière d’allocation actions, tandis que nous avons totalement évité la Chine depuis novembre dernier. En réévaluant ce thème d’investissement, nous continuons de voir un potentiel attractif pour les actions japonaises, soutenu par (i) un taux de change USD/JPY favorablement influencé par la politique monétaire de la Fed, (ii) une dynamique bénéficiaire robuste, et (iii) la réallocation progressive de l’épargne des ménages, des liquidités vers les actions domestiques.

  • À l’inverse, la Chine demeure confrontée à une croissance déséquilibrée, à un ajustement prolongé du marché immobilier et à une demande des ménages toujours faible. Certes, ce ralentissement pourrait à terme conduire à de nouvelles mesures de relance de la part des autorités, auquel cas nous serions prêts à adopter une vision plus constructive. Toutefois, ce catalyseur est attendu depuis longtemps et nous ne sommes pas disposés à « payer pour voir ». Cela étant, la divergence croissante entre les marchés actions « onshore » et « offshore » mérite d’être soulignée. Elle suggère l’existence d’une crise de confiance persistante de la part des investisseurs internationaux à l’égard des perspectives économiques et financières de la Chine.