Le deuxième trimestre 2026 restera comme celui d’un choc énergétique qui a culminé avant de refluer. Le conflit en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, qui avaient fait voler en éclats le scénario d’« année du surplus » pétrolier en mars, ont porté le baril de Brent au-dessus de 115 dollars en avril, avant qu’une lente désescalade (cessez-le-feu, pourparlers de Doha, réouverture progressive d’Ormuz) ne le ramène vers 73 dollars en fin de période, soit sa plus forte chute trimestrielle depuis 2020.

Entre ces deux bornes, l’économie mondiale aura vécu au rythme de l’inflation importée. Les indices de prix se sont enflammés des deux côtés de l’Atlantique, contraignant les banques centrales à reléguer définitivement au second plan toute velléité d’assouplissement : la Fed de Kevin Warsh, la BCE et la BoJ ont toutes durci le ton. Mais derrière ce dénominateur commun, le trimestre a surtout confirmé une ligne de fracture déjà visible.

L’économie américaine, portée par le cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle, encaisse le choc bien mieux que la zone euro, dont la dépendance énergétique reste le talon d’Achille. Le reflux des cours en fin de trimestre a finalement offert un répit salutaire, déclenchant un puissant rebond des actifs risqués pendant que l’or, lui, payait au prix fort la remontée des taux réels et du dollar.

Vous pouvez vous abonner avec le bouton "S'abonner", ci-dessus dans le menu afin de recevoir nos revues trimestrielles, ainsi qu'un message mensuel contenant les analyses parues le mois précédent.